Consogroupe : blog de défense des intérêts des consommateurs

17 décembre 2016

Comment pourrait-on réguler le marché du crédit ?

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Dur d'essayer d'entrevoir la façon dont pourraient progresser nos sociétés sans l'apport du crédit. Et c'est compréhensible, vu qu'aucun autre modèle de financement fiable et durable n'est en mesure de se généraliser à l'ensemble de la société. Remettre en cause le crédit revient à s'attaquer à ce qui a fait le succès de nos entreprises, de nos investissements publics ou encore, ce qui a permis à de nombreux ménages d'acquérir leur maison ou appartement. Si le propos n'est pas de contester le principe même de l'endettement, la prolifération de certaines formes de prêts à la consommation et de leurs conséquences catastrophiques sur les ménages est en revanche un phénomène beaucoup plus inquiétant.

 

Tous les types de crédits ne se valent pas

Que ce soit pour de l'achat immobilier ou pour le lancement d'un produit, certains projets ne peuvent voir le jour sans l'apport d'un prêt. Le recours au crédit personnel est souvent nécessaire quand l'épargne des ménages est insuffisant pour l'achat d'une nouvelle voiture ou pour rénover un appartement. Bien sûr, rien ne sert d’émettre des objections sur le principe même de l'endettement lorsqu'il sert à réaliser un projet précis. Dès lors que la banque est assurée de la bonne situation économique de l'emprunteur et de sa solvabilité, elle peut octroyer un crédit. Un système génère néanmoins la controverse parmi les associations de consommateurs : les crédits à la consommation renouvelables. Autrefois disponibles sous le titre de "crédit revolving", ces types de crédit favorisent grandement les dérives en raison d'abord de leurs TAEG extrêmement élevés (entre 18% et 20%), mais également en raison de leur système de réserve qui se renouvelle au rythme des échéances. Relativement facile et rapide à souscrire, ce prêt permet aux clients de régler leurs achats en magasin ou en ligne par le biais d'une carte sur laquelle se trouve souvent la marque de l'organisme prêteur. Le danger, c'est que ces cartes sont une irrésistible tentation à l'excès et les emprunteurs ne se rendent pas forcément compte du niveau de remboursement exigé. Si aucune volonté visant à plafonner sérieusement les taux n'est exprimée (ou même une suppression sans détour de ce type de crédit), alors la guerre contre le surendettement est loin d'être terminée.

Comme alternative, les établissements financiers n'auront pas d'autres solutions que de mettre à jour leurs offres en remplaçant le prêt revolving par un prêt personnel à taux moins excessif.

 

Si les prêteurs ferment l'accès au crédit, quelles seraient les solutions alternatives ?

Si le prêt revolving devait disparaître, il est fort à parier que ce seront les grandes surfaces et les sites de e-commerce qui en pâtiraient les premiers. Cela se comprend car beaucoup de consommateurs payent leurs achats d'équipement avec du crédit renouvelable. Malheureusement, personne ne peut affirmer que les organismes de crédit voudront se mettre aux micro-crédits pour combler la disparition du renouvelable et de son taux d'intérêt juteux. Il faudra alors trouver rapidement des solutions d'urgence.

Pour cela, il faudrait qu'une synergie se créée autour des professionnels du commerce afin de donner naissance à une société de prêt qui leur serait intrinsèquement affiliée. Cette « banque mutualiste » aurait pour but de proposer des prêts personnels (sans toutefois dépasser un certain montant) et dont le TAEG serait plafonné par le gouvernement. Sa gestion pourrait être attribuée à une agence nouvellement créée ou à une société externe et ses administrateurs auraient une large autonomie dans sa gestion et son orientation. Si l'acheteur voit sa demande de prêt approuvée, il lui sera possible de décider de lui-même (mais sous conditions) du niveau de ses futures échéances. Le rassemblement des professionnels du métier permettra de doter cet organisme d'une grande force de frappe, pour leur propre intérêt mais aussi pour celui des consommateurs.

Autre piste, permettre le développement du crédit entre particuliers en mettant en place une plateforme nationale qui jouera les intermédiaires. Ainsi, les personnes voulant prêter viendraient financer les acheteurs et ceux-là rembourseraient normalement par mensualités. D'un point de vue technique et esthétique, cette plateforme calquerait les modèles des sites de crédit existants mais serait propriété de l'État.

L'ultime idée consisterait à négocier avec la Banque Centrale Européenne pour qu'elle donne son accord pour un investissement en fonds propres dans les établissements publics de crédit. Ainsi, les sommes en question profiteraient directement aux familles et favoriseraient l'économie du quotidien.

 

Sur le même sujet : http://generations-futures.blogs.dhnet.be/archive/2016/11/24/combien-de-temps-pour-assainir-marche-du-credit.html

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